Trump, absent omniprésent à l’ouverture de son procès historique

Marwa Mourad Mercredi 10 Février 2021-14:35:48 Actualités Internationales
Donald Trump lors d’un discours devant ses partisans le 6 janvier 2021, juste avant l’assaut meurtrier du Capitole à Washington
Donald Trump lors d’un discours devant ses partisans le 6 janvier 2021, juste avant l’assaut meurtrier du Capitole à Washington

Moins de trois semaines après avoir quitté la Maison Blanche, Donald Trump est revenu hier mardi monopoliser l’attention politique américaine, avec l’ouverture au Sénat de son procès en destitution doublement historique, pour “incitation à l’insurrection” dans l’assaut meurtrier du Capitole. Accusation “absurde” contre preuves “accablantes”: les avocats de l’ex-président républicain et les élus démocrates qui portaient l’accusation avaient déjà donné le ton des échanges à venir lors du procès, qui s’est ouvert à 13h00 (18h00 GMT) dans l’hémicycle même où des manifestants pro-Trump avaient fait irruption le 6 janvier. Cas extraordinaire, les 100 sénateurs qui ont fait office de jurés furent ainsi les témoins, et victimes, de l’attaque, rapporte l’AFP. Les images fortes de ces moments et le discours de Donald Trump à ses partisans quelques minutes auparavant devraient occuper un rôle central dans l’accusation. A l’extérieur, les mesures inédites de sécurité entourant le Capitole se chargeaient déjà de rappeler la violence, et le choc, provoqué par l’assaut. Vivant désormais en Floride, le milliardaire ne s’est pas rendu au procès. Et il faisait peu de doute qu’il allait être, à son terme, acquitté. La Constitution impose en effet une majorité des deux tiers pour un verdict de culpabilité. Même si des sénateurs républicains ont vertement critiqué le rôle du 45e président américain dans ces violences, il semble peu probable que 17 joignent leur voix aux 50 démocrates pour condamner le milliardaire, encore très populaire auprès de sa base. Une chose unit toutefois les deux camps: tous veulent aller vite, et un vote final pourrait avoir lieu dès le début de la semaine prochaine. Les républicains parce qu’ils ne veulent pas s’attarder sur une séquence qui divise leurs rangs; les démocrates parce qu’ils veulent que le Sénat puisse de nouveau rapidement se concentrer sur leur priorité: approuver les candidats et les lois de Joe Biden. Se présentant en “rassembleur” d’une Amérique meurtrie, ce dernier prend soin de se tenir à distance de cette procédure. Le nouveau président “ne passera pas beaucoup de temps à regarder les audiences, voire pas du tout”, a insisté lundi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki. C’est un débat juridique sur la constitutionnalité du procès qui a occupé son ouverture hier mardi: chaque camp avait deux heures pour livrer ses arguments et les sénateurs allaient voter ensuite pour dire s’ils se jugent compétents. Ce point est au coeur de l’argumentaire des avocats de Donald Trump, Me David Schoen et Bruce Castor, pour qui il est “absurde et anticonstitutionnel de mener un procès en destitution contre un simple citoyen”. 

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